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Nous allons passer quelques jours à Santiago de Cuba. La ville est grande, l'architecture variée. Nous entrons dans la salle où est née la salsa, nous visitons un marché ....nous n'achèterons pas de viande !! et nous nous baladons dans les parcs, souvent accompagnés par des joueurs de salsa. Nous allons dans un hôtel pour prendre de messages : nos futurs équipiers de traversée de l'atlantique déclarent forfait !!! Nous devrons nous débrouiller seuls ou abandonner notre projet. La décision est prise : la traversée se fera à deux. Nous organisons une visite en bus à l'intérieur des terres. Nous traversons de nombreux villages, visitons une cascade. Une femme médecin profite du bus pour aller voir sa famille. Elle passe un accord avec le chauffeur : elle doit faire visiter sa maison contre la gratuité de son transport. Nous profitons donc de cette visite imprévue (nous y rencontrons un habitant particulier). Nous faisons un projet à cinq bateaux (deux catamarans et trois monocoques) : la visite de l'ile sur environ deux mois Nous recevons notre "cruising permit" avant notre départ. Le 6 avril, c'est parti, notre "convoi" se dirige vers Portillo. Nous arrivons en début de soirée dans la baie de Portillo. C'est très calme, on aperçoit un petit village dans le fond. Un apéro est organisé sur le catamaran. On frappe sur la coque ? C'est un homme, qui est venu à la nage, il nous donne un sac en plastique avec des poissons et quelques légumes et nous demande un tee shirt. Nous lui donnons ... nous sommes tous impressionnés par la distance qu'il a parcourue à la nage. Le 7 avril à notre réveil, nous voyons arriver une barque. Une femme rame et deux hommes en vert sont assis. Contact VHF avec les copains ... les douanes et l'émigration nous rendent une petite visite. On nous demande nos "cruising permit", nos passeport, à boire (de l'eau !!!). Contrôle (ou visite curieuse ?) du bateau. Ils repartent en nous donnant l'autorisation de passer une nuit supplémentaire. A la nuit tombée, la rameuse réquisitionnée nous rend une visite discrete : elle est devenue "contrebandière" et nous vends pommes de terre et légumes. Le 8 avril, nous arrivons à Cabo Cruz. L'entrée n'était pas facile car le chenal était étroit. Il y a une épave de grand voilier qui git sur les cailloux. L'eau est transparente, il y a un petit village qui paraît mignon. Arrivée des autorités en bateau. Vérifications habituelles et instructions : interdit d'aller voir l'épave, interdit d'aller au village, interdit d'aller sur la côte. Les seuls déplacements autorisés seront d'aller voir nos copains sur les autres bateaux ... A la nuit tombée, nous aurons la visite discrète, de deux nageurs téméraires qui auront effectué environ 1 mille pour échanger quelques produits frais (poissons et légumes) contre un tee shirt. Comme les possibilités de découverte des lieux sont très limitées, nous partons le lendemain en direction de Caguama. Nous pêchons pendant la navigation, Birdy s'approprie le poisson remonté à bord. Nous mouillons non loin de la plage (après s'être fait quelques frayeurs car il y a des gros caillous isolés). Après l'éternelle visite des autorités, nous descendons tous à terre. Il y a une très belle plage et un restaurant. Nous réservons une table pour le lendemain midi. Des pêcheurs passent nous voir dans la soirée. Ils ont des langoustes à vendre 1$ US les deux !!! A ce prix là : accord conclu ! Le repas au restaurant est très agréable, il y a deux menus : langoustes ou poulet. Des iguanes nous rendent visite. Ils mendient à tables commes des petits chiens ... ils nous mangent dans la main. Nous passons une après midi plage ... très agréable. Nous ramassons au passage quelques lambis. Le 11 avril, nous arrivons à Cayo Anclitas. la baie et la plage sont déserte, c'est très calme. Ce soir, nous n'auront pas la visite de nos hommes verts !!! Nous repartons le lendemain matin pour Cayo Breton, c'est encore un endroit désert, une baie calme bordée de mangrove. Le 13 avril au petit jour, départ pour Casilda. Nous avons lu qu'il y a une marina et, surtout, qu'il est possible de prendre un taxi pour aller visiter la ville de Trinidad. Il n'y a que deux mètre de fond à l'entrée de la marina ... nous ne passerons pas. Il est possible de mouiller dans la baie. Nous suivons le chenal et nous faisons une frayeur en passant près de la bouée verte : le sondeur nous annonce 0m sous la quille !!!. 17h, les bateaux sont immobilisés, 17h10 les hommes en vert arrivent en force (douane, émigration et services sanitaires). Nous nous faisons déposséder de nos cruising permits, ils passerons nous les rendre (après contrôle et fouille) à notre départ. Rendez vous est pris pour le 15 avril à 8h du matin. Pour un de nos compagnons de route, les choses se passent mal ... il y a un problème de date sur son cruising permit. Le verdict tombe, non négociable, ils doit quitter immediatement les eaux Cubaines. Après quelques palabres, il obtient l'autorisation de passer la nuit (mais hors de la baie, donc de la vue des autorités) dans les eaux territoriales avant de repartir. Il quitte donc le groupe, direction la Martinique. Le lendemain, nous descendons à terre. A la marina, l'employé du port nous demande 10 $ US pour laisser notre annexe, nous exigeons un reçu ce qui a pour effet de faire descendre la note à 5 $. Nous passons la journée du 14 avril à Trinidad. C'est une ville superbe, avec des petits marchés, de beaux parcs, des rues où des carioles tirées par des chevaux croisent de vieilles américaines. Nous passons une très belle journée. Le 15 avril à 8 H, nous sommes prêts, nous attendons la visite des autorités. 9h, toujours personne, nous appelons en radio ... silence. Nous descendons à terre, dans leurs bureaux et là nous apprenons qu'il n'ont plus assez de gas oil pour venir nous voir. Nous leur demandons nos cruising permits : impossible car ils exigent la fouille des bateaux. La seule solution, les amener à notre bord et les ramener à leurs bureaux !!! Nous nous exécutons ... sans le sourire. Nous arrivons à Cayo Guano del Este en début d'après midi. Il y a un phare qui ressemble à une fusée, nous voulons visiter les lieux. Nous sommes reçus par le gardien du phare qui nous interdit de descendre à terre. Il a des ordres : nous devons lui laisser nos passeports, il téléphonera à "ses chefs" à la Havane et nous saurons, dans deux heures, si nous pouvons mettre pied à terre. Ras le bol des formalités, nous retournons à bord. Nous levons l'ancre au petit matin, direction Cayo Largo. Sur nos cartes, nous avons repéré une marina qui est accessible à nos tirants d'eau. Nous effectuons la "corvée formalités" à terre mais le prix de la nuitée nous fait fuir (en plus il n'y a ni eau ni électricité). Nous mouillons donc dans la baie, derrière une barrière de corail. L'endroit est superbe et très calme. Nous faisons une provision de Lambis. Le 17 avril, nous faisons cap vers l'ile de la Juventud, nous avons choisi Baha San Pedro pour passer la nuit (à 2 miles d'une marina qui est, une fois encore, inaccessible à nos tirants d'eau).La marina n'est pas accueillante, il n'y a aucun bateau de plaisance et l'entrée est gardée par une auto mitrailleuse et un projecteur d'un mètre de diamètre !!! Encore une fois, nos bateaux sont à peine immobilisés que nous voyons les "officiels" arriver. Cette fois ci nous nous faisons hurler dessus ... c'est interdit de s'arrêter là ... il est obligatoire d'aller dans la marina !!!. Nous leur montrons que, sur les cartes nautiques cubaines, l'endroit que nous avons choisi est un lieu de mouillage autorisé et nous leur expliquons que nos bateaux ne peuvent entrer dans leur marina ... il n'y a pas assez d'eau. Ils sont hermétiques, il faut rentrer QUAND MEME, sinon, c'est 100 $ US d'amande par bateau. La situation paraît complètement bloquée quand le propriétaire du cata a une idée géniale : il montre le téléphone satellite et dit qu'il va appeler directement son ami Fidel Castro pour lui expliquer. Contre toute attente, ils gobent l'histoire, prennent nos cruising permits nous accordent une "autorisation exceptionnelle" pour deux nuits. Nous devrons passer à la marina avec nos annexes pour récupérer nos papiers. Il fallait être gonflé pour inventer une histoire aussi énorme ... (je nous imagine, en France, menacer les gendarmes d'appeler le Président de la République !!!) Nous profiterons de la journée du lendemain pour refaire les pleins de gas oil (en faisant des aller retours avec l'annexe pour transporter des jerricans) et quelques courses. Le 19 au matin, petit passage à la marina pour récupérer nos papiers (sans problème, ils croient toujours avoir affaire à des amis de Fidel ...) et nous partons en direction de Puerto Cortes. Il y a un bon vent, nous organisons même une petite course entre deux des monocoques, chacun fait attention au règlage de ses voiles. Lorsque nous arrivons à Puerto Cortes, la mer est formée, le mouillage va certainement être désagréable. Nous avons vécu, à Puerto Cortes, un véritable drame. Pour la meilleure compréhension de ce qui va suivre, nous nommerons les personnages, mais, pour préserver leur vie privée, tous les prénoms ainsi que les noms des bateaux ont été changés. Lorsque les bateaux sont immobilisés, il y a une houle de 1,50m, ce soir nous ne nous rejoindrons pas sur le cata pour boire notre mojitto (rhum citront vert menthe) car les déplacement en annexe sont difficiles dans ce clapot. Nous voyons le feu d' "Alu" s'éloigner de nous. Appel radio, il a dérapé, Annie nous annonce de ne pas nous inquiéter, ils refont la manoeuvre. "Alu" dérapera une seconde fois, puis, vers 23H, Annie nous annonce, soulagée, que l'ancre tient bien maintenant. A 1H du matin, un cri dans la radio : c'est Annie . "Au secours, c'est "Alu", Jacques est tombé à l'avant du bateau, je n'arrive pas à le réveiller" Tout le groupe a entendu l'appel au secour. Louis "jette" son annexe à l'eau et passe prendre Robert et Christian pour rejoindre le bord d'"Alu". Quand Christian monte dans l'annexe, il se retourne vers moi et me dit : "Je crains le pire". Birdy regarde l'annexe s'éloigner dans le clapot et ... fait le loup !!! Je le fais taire, je suis déjà très angoisée. Commence l'attente ... Béatrice, Christine et moi attendons des nouvelles, chacune plantée devant sa radio. Le message tombe une demi heure plus tard, c'est Christian, laconique, Jacques est décédé, il faut appeler les secours. Il est deux heures du matin, la balise de détresse de "Alu" est déclenchée, Béatrice lance des appels de détresse sur la VHF, je fais la même chose depuis la BLU. Nouvel appel de Christian en radio, Louis Robert et lui passeront la nuit à bord d'"Alu". Il nous conseille d'essayer de nous reposer. Je passe la nuit devant la radio. Au petit jour, chacun réitère ses appels de détresse. Nous n'avons aucune réponse. Béatrice, avec le téléphone satellite, appelle en France la société d'assurance de Jacques, ils vont faire le nécessaire ! Dans la matinée, Annie est emmenée sur le cata et Christian rejoint Julies. Il me raconte, Jacques a certainement eu une attaque cardiaque et il était déjà mort quand ils sont arrivés. Ils se sont occupés du corps et l'ont veillé le reste de la nuit. Annie est choquée et épuisée, ils ont réussi à la convaincre d'aller se reposer sur le cata. Logiquement nous devrions avoir la visite des petits hommes verts ... et bien non ... hasard ? Nous cherchons tous une solutions pour obtenir des secours, pas de réaction à la balise ni aux appels radio. Il reste deux possibilités : sur Julies nous avons un standard C qui nous permet d'envoyer des Email, nous en envoyons donc un à la Marina Hemigway de la Havane. Sur le cata, Louis tente de joindre les secours par téléphone, mais il est impossible de joindre Cuba par satellite, tout est brouillé. Il contacte, en France, l'organisateur de la Transcaraîbes, celui ci réussit à joindre le consul de France à Cuba. Enfin un espoir, le Quai d'Orsay à Paris appelle le cata, ils vont organiser les secours (mais ils annoncent que rien n'est simple à Cuba !). 15h, toujours aucun secours, nous voyons des gens sur la plage mais une barrière de corail nous en interdit l'accès. Nous lançons une fusée de détresse ... aucune réaction, si ce n'est celle de Birdy que nous aurons beaucoup de mal à calmer. La mer est toujours aussi mauvaise, les bateaux font des bonds au mouillage, Birdy devient fou, il alterne les hurlements à la mort et les aboiements après le soleil. Le moral est au plus bas. A 23h enfin, le Quai d'Orsay annonce l'arrivée imminente d'un bateau pour nous porter secours. Nous passerons la nuit à guetter ce bateau qui ne viendra jamais. Le 21 avril, il y a maintenant plus de 24 heures que le corps de Jacques est sur le bateau. Nous commençons à désespérer. Nous nous réunissons sur le cata, deux solutions : couler "Alu", il deviendra le cercueil de Jacques ou essayer de bloquer l'entrée de Puerto Cortes avec nos bateaux. Si, plus aucun bateau ne peut sortir ou entrer, il va bien y avoir une réaction des autorités. Annie préfère la solution du blocus ... nous nous organisons. Annie retourne à bord d'"Alu", Christian et Robert l'accomagnent, ils manoeuvreront "Alu" et le cata suivra. Christine et moi restons à notre bord, au mouillage. 11H30 appel radio de Christian, c'est un appel au secours, il y a de l'angoisse dans sa voix : "Annie est sans connaissance, c'est grave, recommencez les appels de détresse" A midi, l'entrée très étroite de la baie est bloquée par les deux bateaux, des fusées de détresse sont de nouveau envoyées. 12h30 enfin, un bateau sort de la baie et se dirige vers "Alu". Les hommes en vert montent à bord et ... demandent les papiers et les cruising permits... Robert explose, il parle parfaitement l'espagnol, il refuse de montrer le moindre papier avant qu'un médecin n'examine Annie qui vient à peine de reprendre connaissance "nous ne sommes pas des animaux !!!" leur crie t il en espagnol. Les mots et le ton sont convaincants, les autorités leur demande de les suivre, il y a un passage, non balisé, qui permet au bateau de passer l'entrée. Christian, à la barre, colle le bateau et entre dans la baie. Contrairement à toute attente, il leur est interdit d'accoster, ils devront s'amarrer à une bouée pour attendre le médecin. Le médecin arrive enfin, notre "diagnostic" de l'attaque cardiaque est confirmé, Annie est examinée. Une voiture arrivera dans la soirée et le corps de Jacques sera transporté à la Havane, accompagné d'Annie. Annie est emmenée sur le cata, elle doit prendre un peu de repos. Christian et Robert doivent rejoindre leur bord. Ils demandent à une autorité portuaire d'être raccompagnés. L'homme appelle un pêcheur, il discutent en s'éloignant. Robert comprendra "50 50" puis reviennent, souriants. Pas de problème, c'est 500$ US par personne. Christian et Robert explosent ... une altercation suit... la conclusion : 500 $ US ou vous vous démerdez !!! Christian m'appelle du cata, il est fou de rage. Il me demande si je peux lever seule le mouillage et manœuvrer le bateau jusqu'à l'entrée de la baie où il me rejoindra dans l'annexe de Louis. Nous n'avons pas d'autre alternative, donc : JE PEUX !!! C'est la première que je fais la manoeuvre en étant seule à bord. Je regarde la carte, vérifie plusieurs fois le cap à suivre et lève le mouillage. Je mets l'ancre à l'entrée de la baie ... dans d'autres circonstance, j'aurais été très fière de moi, mais l'ambiance n'est pas au "triomphalisme". Lorsque Christian et Robert montent à bord, leur fureur n'est pas retombée. Il est temps de rejoindre Christine, restée seule au mouillage. Nous frôlons le bateau de Robert, le temps pour lui de changer de bord, puis nous nous apprêtons à passer une dernière nuit dans cet enfer. Le 22 avril, se jour se lève à peine lorsque nous levons l'ancre. Un appel radio entre les trois bateaux, nous partons, en éclaireurs, vers la prochaine escale, les autres sont chargés d'organiser le rappatriement d'"ALU". Nous apprendrons par Louis, joint par téléphone, qu'Annie avait dû voyager une partie de la nuit à coté du cercueil ouvert de Jacques, accompagnée par un chauffeur qui, incommodé par le corps, fumait cigare sur cigare. Elle avait dû être transportée aux urgences à la Havane car elle avait fait un malaise cardiaque. Toujours grâce à son téléphone satellite, Louis a joint d'autres plaisanciers francais et une véritable solidarité s'est organisée. Alu a pu être ramené rapidement vers les Antilles francaises (c'était urgent car des pêcheurs de Puerto Cortes nous avaient annoncé que le bateau serait rapidement pillé s'il restait dans la baie) avant d'être convoyé vers la France. Il n'a malheureusement pas été possible de transporter le corps de Jacques vers la France, il a été incinéré à la Havane. Annie est rentrée en France par avion dès sa sortie de l'hôpital. Nous arrivons à Maria la Gorda. Nous mettons l'ancre face à la plage, bordée de cocotiers. Il y a même un hôtel et un petit ponton pour accoster avec l'annexe. Nous descendons à terre avec Birdy (il y a trois jours qu'il n'a pas mis patte à terre) A la nuit tombée, visite des autorités. Avant même de regarder nos papiers, ils nous demandent où est Alu. Les bras m'en tombent, ils entendaient donc nos appels de détresse, ils étaient au courant ... Je les déteste !!! Qu'ils ne me demandent même pas un verre d'eau !!! Nous nous faisons alléger de quelques dollars pour la "protection des fonds". J'exige un reçu, ils n'apprécient pas mais s'exécutent. Christian prend palmes et tuba pour aller voir les "fonds protégés". Il y verra de magnifiques vestiges de pneus et de batteries ... une véritable décharge (sans commentaire). Nous attendons l'arrivée de nos compagnons. Le coeur n'y est plus. Dans notre esprit, la visite de Cuba est déjà finie, nous décidons de faire une grande navigation directe vers la marina Hemigway à la Havane. Nous arrivons à la marina à 13h. Nous devons nous mettre au ponton réservé au formalités, attendre notre tour et accepter, de nouveau, les éternels formulaires, fouilles, questions. A 16h30 enfin, nous avons l'autorisation de prendre une place au port. L'eau et l'electricité sont payante. L'eau, vendue environ 15€ le m3 est saumatre et l'électricité a une fréquence de 60Hz, incompatible avec la majorité de nos appareils électriques. Nous devons maintenant préparer notre départ pour la France. Un alternateur est en panne, nous faisons appel à un Cubain qui nous propose de nous en trouver un autre et de réparer le nôtre, le tout contre quelques dollars et ... surtout ... une bouteille de VRAI rhum à 55°. Nous profitons aussi de cette halte pour visiter la Havane qui est vraiment une ville superbe.Un bus quotidien assure le transport entre la marina et le centre ville. Nous visitons l'Opéra, différents monuments. La ville est parcourue par de vieilles voitures américaines, Nous nous amusons également de l'aspect des transports en commun locaux. . Nous surveillons la météo, pour décider du jour de notre départ. La décision est prise : départ le 3 mai à 13H30. La matinée sera consacrée aux formalités : il faut passer au port de plaisance pour payer la note. Surprise, le montant est supérieur de 20% à mes prévisions. J'examine la facture et m'interroge sur la ligne "propina". L'employé du port m'explique que c'est le "pourboire", la ligne est mise d'office mais peut être retirée. Je demande donc une nouvelle facture sans "propina". A la lecture des passeports, l'employé m'annonce que le visa est dépassé de 2 jours et qu'une prolongation est obligatoire avant la sortie du territoire !!! Je dois donc payer 25 $ par personne et acheter deux timbres fiscaux que je devrais remettre aux services de l'émigration. Le port vend les timbres mais il faut les payer plus cher pour le "service", sinon je devrais aller dans une banque à la Havane. J'achète donc mes timbres et paye ma facture. Il faut maintenant aller au ponton des formalités Nous nous mettons au quai à 11H, nous avons prévu large si nous voulons respecter notre départ à 13h30. Le défilé commence : visite des douanes, ils retirent les scellées placées à Santiago. Arrivent ensuite les services de l'émigration. Ils ouvrent tous les placards, soulèvent les matelas, les coussins. Ils ouvrent le tiroirs à couverts et je leur demande, ironique : "vous cherchez un Cubain ?" . Réponse (sérieuse !!) : OUI ... Ils vérifient nos visas, prennent les timbres fiscaux et les rangent dans leur malette (vont ils être remis à la vente au port ???) C'est le tour du chien "anti explosifs". Cet adorable chien de chasse, renifle tout, y compris le placard dans lequel sont stockées nos fusées de détresse. Aucune réaction ??? seraient elles périmées !!! Birdy est furieux de cette intrusion. Après deux heures, nous avons l'autorisation de partir .... Nous sommes partagés entre deux sentiments : l'angoisse de se lancer dans la grande aventure de la traversée à deux de l'atlantique et la joie de quitter Cuba. CUBA ! … Reste malgré tout une ile merveilleuse avec des habitants notamment les paysans chaleureux mais l'aventure en bateau telle que nous l'avons pratiquée et vécue ne correspond pas aux pratiques administratives auxquelles nous sommes habitués. Tant que l'administration dans son ensemble sera rétrograde et suspicieuse, les déplacements individuels resteront très difficiles.
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