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 Il est temps maintenant de faire une véritable remise en état du bateau.

Au programme, le faire gruter, vérifier notre réparation sous marine, faire un nettoyage de la coque et passer de l'anti fooling (peinture qui évite la prolifération des coquillages et des herbes sur la coque)

Rendez vous est pris sur le chantier pour le 3 mai. Nous demandons à un ami, expert maritime, de nous faire un diagnostic de l'état de la quille qui a frotté. Pour lui, il faut faire intervenir un professionnel car, même si la blessure n'est pas importante, elle se trouve à un endroit très sollicité et notre mastic pourrait sauter. Il nous fait aussi remarquer que nos deux hélices sont différentes et nous conseille, cette fois encore, de prendre contact avec un professionnel (c'est vrai que nous avions remarqué une légère différence de consommation entre les deux moteurs mais nous l'expliquions par le fait que, quand nous avons acheté le bateau, un moteur était neuf et l'autre avait déjà presque 1000 heures. )

Diagnostic du Docteur es Hélice : elles ne sont pas comptabibles ni l'une ni l'autre avec les moteurs. Il faut en changer une et effectuer un ajustage de l'autre.

Diagnostic du Docteur es polyesther : notre réparation était très solide mais avait piégé de l'eau de mer dans le polyesther, il faut attendre que l'eau s'égoutte et que le polyesther sèche avant de faire la répartion.

Dont act, nous passons une semaine à terre sur le chantier. Encore une fois, le bateau est mal ventilé et ... en plus des moustiques qui s'invitent chaque soir à notre bord, nous devons supporter les Coqs !!! Un employé du chantier élève des coqs de combat, il les lache la nuit car ces sales bêtes adorent picorer les coquillages tombés lors du carénage des bateaux à terre. Ca chante toute la nuit un coq de combat martiniquais ... et chaque matin, je me réveille avec une seule idée en tête : COQ AU VIN !!!

Le 10 mai, nous retrouvons notre place au ponton. Un autre gros boulot nous attend : LES VERNIS !!!

Notre petite expérience de la transcaraîbes nous a montré les faiblesses du Catamaran. Les deux démâtages que nous avions vus nous avaient déja fait réfléchir mais notre tentative d'atteindre Cuba nous a fait prendre conscience des inconvénients du cata : il ne remonte pas du tout au vent et, par mer formé, il y a un mouvement de "porte à faux" entre les deux flotteurs. Nous décidons de mettre Balancine en vente et de revenir au monocoque.

La nouvelle saison cyclonique approche, nous décidons d'installer un standard C pour avoir une météo quotidienne, nous faisons vérifier les gréements (encore les dématages dans la tête ?) et préparons notre départ vers le sud.

Nous passons un mois au port du Marin, entre les travaux et quelques balades vers Sainte Anne ou la plage des Salines.

Samedi 17 juin, Christian ramène des poubelles ... un chiot !!! Il est maigre, sale, plein de parasites, il y des plaques sur tout le corps. Christian l'a ramassé, et il dort déjà dans ses bras !!!

Nous lui installons une serviette de bain dans le cockpit, lui mettons une bassine d'eau et une gamelle avec un reste de poulet et de riz. Il ne mange même pas ... il reste couché. Christian me met en garde ! il ne passera peut-être pas la nuit! Nous lui laissons la passerelle baissée, il peut décider de rester ou de partir. Je me lève plusieurs fois dans la nuit ... il est toujours là, dans la même position. Le lendemain matin, il mange un peu, puis se rendort. Il va plusieurs fois vers la passerelle mais ne descent pas ... il a décidé de rester ...

Nous l'emmenons chez le vétérinaire l'après midi : il doit avoir 2 ou 3 mois, il est épuisé et affamé mais il est en bonne santé. Il a de grosses pattes ... il va grandir. La race ??? "Berger de mangroves pures races". C'est décidé, nous l'adoptons ... il s'appelle maintenant Birdy et reçoit ses premiers vaccins.

De retour au bateau : premières tortures .... poudre anti puces, lavage, la totale. La passerelle est relevée, finie la liberté !

Il est temps de se préparer à descendre vers le sud, la saison cyclonique approche et les premières ondes tropicales sont annoncées. Notre Birdy s'est bien adapté à sa nouvelle vie sur le bateau ... il ressemble maintenant à un chien ...

Le 6 juillet, nous quittons le ponton du Marin ... nous passerons une première nuit à Sainte Anne avant d'emtamer notre descente vers le sud ... une première navigation d'une heure pour voir comment notre nouveau mousse se comporte. Même pas malade ... quelques difficultés au début pour garder l'équilibre mais tout se passe bien.

Le 7 juillet, nous décidons de faire une halte à Rodney Bay à Sainte Lucie, nous descendons à terre pour faire la clearence et là surprise après nous avoir fait payer les droits de douanes, les autorités nous dirigent vers un autre bureau où nous attend un individu avec un carnet à souche qui nous réclame encore de l'argent (nous ne comprenons pas pourquoi ... c'est pas clair). Heureusement que Christian lui dit ce qu'il pense en français ... nous refusons de payer, récupérons nos passeports, sautons dans l'annexe, et ... on dégage vite. Nous nous arreterons à Marigot Bay.

Le 8 juillet, nous prenons la direction de Bequia. En cours de route, nous remontons un thon ... Birdy partagera notre festin. Nous y retrouvons d'autres bateaux qui descendent vers le sud. Nous décidons de faire un bout de route ensemble.

L'un de nos compagnons de voyage nous parle d'une petite ile "Baliceaux". C'est un convoi de quatre bateaux qui prend la direction de l'ile.

Baliceaux est vraiment superbe, c'est un petit ilôt qui paraît désert. Il y a beaucoup de poissons et l'eau est transparente. Nous découvrons les joies de la pêche sous marine. Nous avons de véritables experts avec nous et, le premier soir, le repas de poissons et langoustes est super, il y a 10 personnes à nourrir !!!.

L'un des voiliers, un supermaramu, qui nous accompagne a un problème avec son moteur ... une pièce a cassé et il a eu un départ de feu. Il ne peut plus redémarrer le moteur et il n'y a aucun moyen de réparer sur cet ilôt désert. Nous décidons qu'il fera le maximum à la voile et que nous le remorquerons dans la baie de Béquia jusqu'au chantier.

Le lendemain, nous partons ensemble et à l'approche de Béquia, nous le prenons en remorque, il y a toute la baie à remonter... Les deux moteurs 30 Cv de Balancine ont du mal à tracter ce ketch de 16 tonnes... Nous n'allons pas vite ... mais nous avançons. La pièce va être commandée, elle arrivera le lendemain. Nous le laissons au mouillage de Béquia et retournons à Baliceaux. Il nous rejoindra dès que possible.

Le soir, devant Baliceaux, un de nos compagnons (qui a aussi un supermaramu) nous annonce qu'il avait la pièce cassée dans son stock de pièces de rechange à bord mais qu'il avait préféré se taire pour la garder pour lui. Quelle désillusion ... comment laisser un homme de 72 ans en panne sur une ile déserte !!! Ou est la solidarité des gens de mer ? Cette annonce a jeté un froid sur le groupe, l'apéro tourne court, chacun rejoint son bord.

Nous attendons le retour du ketch pour savoir si tout va bien puis nous quittons ce groupe qui nous a déçu et continuons notre descente jusqu'à Carriacou en passant par Union, les Tobago Cayes, Mayereau. Notre nouveau mousse assure des veilles actives !!!

Nous arrivons à Carriacou le 28 juillet et, première corvée ... passage aux douanes et émigration où nous nous allègeons de nouveau de 50 $ EC. Le village est très sympa, il y a des épiceries, un marché et même un chantier naval. Nous y retrouvons JP qui nous emmène dans une boucherie hors du commun ... C'est très propre, le boucher ne peut vendre que la viande congelée car il ne sait la découper qu'avec ... UNE SCIE A RUBAN !!! Nous achèterons des steacks ... mais nous ne renouvellerons pas l'expérience ... ils ne sont pas bien coupés, la viande est très dure.

Nous faisons la connaissance d'un personnage original, c'est le "papa mimi" ; tout les soirs, ce sexagénaire sympathique promène son chat "mimi" dans l'annexe. Il s'arrête chaque fois devant Balancine et dit à son chat "Regarde mimi, c'est un chien"... Birdy aboie et le chat se hérisse, puis, après un salut amical,  le papa mimi rejoint son bord !!!

Nous faisons quelques petites escapades sur un ilôt désert en face de Carriacou : Sandy Island. Encore un paysage de carte postale. C'est une réserve de pêche, nous nous contenterons d'admirer les poissons ... Lors de nos balades en snorkling (masque et tuba) nous aurons même la visite des langoustes (mais nous respectons la réserve ... pas de fusil à la main). Une nuit, notre Birdy se met à aboyer ... nous nous levons et, dès que nous sortons du bateau, nous entendons un moteur démarrer de la poupe de Balancine ... nous voyons l'ombre d'une annexe s'éloigner à toute allure ... Contrairement aux idées reçues, ça n'était pas un bateau "pays" mais bien un plaisancier qui voulait certainement remplacer son moteur !!! Notre Birdy vient de prendre ses galons de "mousse de garde".

Nous faisons des aller-retours réguliers entre Tyrell Bay (Carriacou) et Sandy Island.

Le 6 Aout, la tempête tropicale qui a débuté sur le Cap Vert est maintenant nommée ALBERTO et est passée au rang de cyclone. La saison commence ... il est temps d'aller plus au sud.

Le 11 aout, nous continuons notre descente vers Grenade. C'est l'ile aux Epices. (Malheureusement, en 2004 le cyclone Yvan la détruira à 80%). Nous arrivons à Prickly Bay et, nous commençons par les fameuses formalités douanières. Nos batteries nous lâchent, il faut redémarrer le groupe en pleine nuit sous peine de perdre tout ce qui est dans le congélateur... Notre formulaire douanier nous est utile pour une fois !!! Grâce à lui, nous payons les batteries en hors taxes (et oui! nous sommes en "transit").

La baie est fréquentée à 80% par des bateaux américains. Nous avons maille à partir avec le bateau "Lady Joe". Nous étions sur notre ancre une dizaine de mètre derrière lui. Un coup de vent et il se retrouve dans les étraves de Balancine ... Et bien, un Américain, ça ne dérape pas !!! par contre, un bateau Français, ca avance tout seul sur son ancre ... C'est bien connu ...

Nous échangeons quelques mots d'amour. Nous prenons quelques photos avec le flash pour qu'il voit bien (avec le numérique, pas de problème, on pourra effacer). Monsieur n'aime pas, il appelle par haut parleur ses congénaires et c'est une nuée d'annexes qui tournent autour de notre bateau. Si ça les amuse ...

Lorsque vient le moment de notre départ, Lady Joe est sur notre ligne de mouillage, bien décidé à ne pas bouger ... la manoeuvre va être délicate car il ne faudra même pas effleurer sa coque !!!

Christian, en "américain dans le texte" lui annonce bien fort : "stock car, non ... stock boat, YES, Marie ... Engine !!!. Ca a pour but d'affoler notre américain ... nouvel appel dans les hauts parleurs et la ... un Zorro avec son chapeau de cow boy arrive, debout dans son annexe, à l'assaut de Balancine. Il veut se placer entre Balancine et Lady Joe ... il se retrouve collé à l'étrave tribord de Balancine au moment où Christian tourne à 90° pour pouvoir tirer sur la chaine sans toucher Lady Joe... Je suis à l'avant du bateau ... je vois un vent de panique passer dans ses yeux ... il s'assoit, ne bouge plus. Et, dès qu'il est dégagé, remet les gaz pour retourner à son bord... Moins fier, le héros !!!

Nous allons repérer le "trou à cyclone" de Port Egmont. C'est une baie sans intérêt... avec des fonds de vase et l'ancre ne tient pas. En cas de pépin météo, il faut s'enfoncer dans la mangrove et attacher le bateau aux palétuviers. Notre repère effectué, nous allons à David's Harbour pour y passer la Nuit.

Le 16 aout, nous partons vers l'ile de Tobago. Elle se trouve plus à l'est de l'arc des Antilles. Elle n'est pas dans le circuit classique des plaisanciers qui vont se mettre à l'abri mais nous en avons entendu beaucoup de bien.

Nous mettons l'ancre dans la baie des pirates, face à Charlotteville. Il y a beaucoup de bateaux battant pavillon Français. La baie est superbe : au fond il y a la ville, sur les cotés, des petites plages et la forêt tropicale. Nous descendons pour les éternelles formalités. Ici, c'est plus compliqué, il n'y a pas de poste douanier. Il faut se faire enregistrer auprès du poste de police et, demain, nous devront prendre le bus pour aller à la capitale Scarborrough effectuer la clearence. Les policiers nous expliquent, il y a un ordre à respecter : passer d'abord à l'émigration qui se trouve à l'aéroport (batiment avec un toit rouge), puis aller au port pour passer à la douane (batiment avec un toit bleu). Armés de ses précieux renseignements, prenons le bus pour Scarborrough. Nous traversons toute l'Ile avec le bus, c'est une balade superbe. Scarborrough est une grande ville avec des grandes surfaces, des marchés, des magasins.

Nous retournons à la baie des pirates, munis de nos précieux formulaires tamponnés. Le retour est original ... le chauffeur du bus doit penser qu'il n'y a que deux vitesses sur son engin et tout le trajet est effectué en seconde (3 h de route)... Nous souffrons pour ce pauvre moteur !!

Tobago devait être une escale ... nous y passerons un mois ... La baie est superbe, la petite ville de Charlotteville très mignone et les habitants adorables, nous assistons à de merveilleux couchers de soleil. Autour de la baie, il y a des petites criques avec des petites plages et ... des arrivées d'eau douce qui tombent en cascade. Pour les repas ... c'est facile ! Je demande chaque jour à Christian : "tel poisson pour nous et tel poisson pour le chien" ... un petit plongeon .... un petit quart d'heure d'attente .... et les poissons demandés sont à bord !!! Pour les fruits et légumes, une petite balade dans la forêt tropicale et des provisions de mangues, bananes à cuire, bananes fruits, citrons verts sont à notre disposition. Pour la douche, nous prenons gel douche et serviettes, choisissons une petite crique, un morceau de bambou dans la cascade et le tour est joué !!! S'il n'y avait pas ces saletés de Cyclones qui peuvent passer, nous serions bien restés plus longtemps encore. Mais, il faut être raisonnable et continuer notre descente vers le sud.

Le 16 septembre, nous retrouvons le "papa mimi", il s'appelle Joseph. Nous l'invitons à notre bord. Il nous dit qu'il est écrivain, qu'il a vécu en afrique ou un chef de village voulait le marier à sa fille de 13 ans, et des aventures rocambolesques qui lui seraint arrivées ... Il veut nous rendre l'invitation, mais nous devons partir le lendemain. Lorsqu'il retourne à son bord, nous pensons avoir affaire à un original qui croit avoir vécu les histoires qu'il est en train d'écrire.

Le 17 septembre, nous faisons une escale au sud de l'Ile de Tobago où nous faisons la connaissance d'un couple sur un voilier qui arrive de ... LA REUNION ... puis nous descendons vers l'ile de Trinidad ... nous serons enfin à l'abri des cyclones.

Au large des cotes de Trinidad, nous apercevons une bouée, elle semble dériver. Nous faisons un petit écart de route pour l'éviter et, lorsque nous sommes à sa hauteur, une vedette rapide fond sur nous. A bord, deux hommes ... La vedette s'approche de l'arrière du catamaran et l'un des hommes attrape promptement la main courante de la jupe arrière. Birdy a sauté dans la jupe et ses crocs entourent déjà la main de notre inconnu. Celui-ci, surpris, lache la main courante. La vedette reste quelques secondes à quelques mètre du cata, un des hommes a un calepin qu'il consulte, le deuxième recouvre d'une bache un moteur ou compresseur ... ils font demi tour et disparaissent aussi vite qu'ils étaient arrivés. Dans le doute ... merci Birdy !!!

Lorsque nous raconterons notre aventure, nous entendrons parler de drogue ou de carburant (destiné à ravitailler en mer des bateaux rapides utilisés pour la contrebande) sous la bouée. Nos visiteurs ont il cru que nous voulions remonter la bouée ??? Avaient ils rendez vous avec un catamaran ?? Nous ne le saurons jamais.

Nous passons la nuit à dans une baie au nord de Trinidad : Scottland Bay.

Le 18 septembre, arrivée à Chaguaramas à Trinidad. Nous regrettons déjà Tobago ! Il y a des milliers de bateaux au mouillage.

La corvée ... les formalités !!! et ça se passe mal !!! Quand nous sommes partis de Tobago, les douanes nous ont donné notre formulaire de sortie mais le service de l'émigration nous a informé que Trinidad et Tobago avait la même administration et qu'aucune formalité de sortie n'était nécessaire. Autre son de cloche à Trinidad ... nous ne pouvons pas entrer sans le "papier jaune tamponné par Tobago!!!" Il faut retourner le chercher !!! Palabres, coups de téléphone (payés par nous) à Tobago et ... au bout de 3 heures ... nous avons notre visa.

 L'eau est sale, les fonds tiennent mal nos ancres et chaque jour vers 16 h, il y a un coup de vent et les bateaux dérapent, il y a aussi des renverses de marées et les bateaux, près les uns des autres, se touchent parfois. Il y a un immense chantier naval où beaucoup mettent leur bateau à sec pendant la saison cyclonique. Birdy ne peut descendre à terre que sur le chantier, il est interdit en ville. Il y a la rage (véhiculée par les chauve-souris ??!!!).

Nous passons quelques jours à Chaguaramas, faisons des approvisionnements et retournons à Scottland Bay. La météo (nous la recevons deux fois par jour) est pessimiste ... la tempête tropicale JOYCE passe cyclone et fonce vers le sud ... SUR NOUS. Impossible de rester à Scottland Bay non protégée ... Retourner au mouillage à Chaguaramas ? c'est pire (toutes les places au port ont été prises d'assaut et il ne reste plus une place à terre sur le chantier). Nous décidons de tenter l'ile de Chacachacare, toute proche. C'est une île aujourd'hui déserte, c'est une ancienne léproserie, il y a une grande baie et très peu de bateaux y viennent.

Le 28 septembre nous arrivons à Chacachacarre. Il y a quelques voiliers dans la baie. Nous choisissons l'endroit qui nous paraît le plus à l'abri du vent et de la houle d'Ouest, proche de la côte car nous voulons essayer d'amarrer le bateau à terre !!! Nous nous préparons à subir JOYCE ... 2 ancres à l'avant (dont une descendue en plongée et placée dans un tombant) ... ensuite les bouts à terre ... puis ... saucissonnage est voiles et arrimage de tout ce qui se trouve sur le bateau. Nous avons conscience que si le cyclone nous passe dessus, le bateau a peu de chance de résister. Nous cherchons, à terre, un abri possible. Nous trouvons les ruines d'une maison et repérons l'entrée du sous-sol. De retour sur le bateau, nous préparons un sac étanche avec nos passeports, la carte bleue, une radio, le carnet de santé de Birdy ... Ca sera notre billet retour si nous perdons tout

Le 29 septembre, la météo reste pessimiste, JOYCE continue sa route sur nous. D'autres bateaux nous ont rejoint dans la baie. Nous communiquons par VHF, nous leurs donnons les informations météo et chacun aide l'autre à amarrer au mieu son bateau.

Arrive une soirée d'angoisse ... JOYCE doit passer cette nuit sur Trinidad. Il règne un silence pesant ... nous n'entendons plus les oiseaux ... il n'y a pas le moindre souffle de vent !!! Nous avons laissé l'annexe à l'eau ... prête à nous emmener dans notre abri !

Il est 23h, nous allons nous coucher .... à l'affut du moindre bruit. Un ronronnement sourd ... il arrive !!! non, le bruit a cessé ... nous sortons, toujours pas le moindre souffle. Le bruit reprend ... si ! il arrive ... non ... c'est le frigo (c'est bien la première fois que nous l'entendons !!!).

Nous finissons par nous endormir et, le matin, nous apprenons par la météo que JOYCE a viré au nord vers 22H et est passé sur Tobago.

Un apéritif est organisé à bord avec tous les occupants de la baie pour fêter l'évènement.

Nous allons rester quelques jours et faire de grandes balades à pied sur Chacachacarre. Il y règne une ambiance particulière ... l'ile a été abandonnée lorsque la lèpre a été éradiquée. Toutes les installations sont restées en l'état ... la nature a repris ses droits et a tout envahi. Nous visitons les maisons abandonnées, il y a des tobogans qui descendent des fenêtres à l'étage (pour les cercueils ?) nous trouvons même des registres avec des noms, des dates d'arrivée sur l'ile et des dates de décès... Les machines à écrire sont encore à leur place. Nous prenons  conscience que nous chuchottons pour parler !!

Le 4 octobre, un passage à Chaguaramas pour les formalités de sortie et ... en route pour le Vénézuela. Nous passons la nuit à Mejillones, sur les côtes Vénézueliennes. Il y a un village de pêcheurs et autour de la baie, des moules sauvages ...Ce soir : moules marinières. Une barque nous accoste et une femme nous demande de l'aspirine pour ses enfants ... nous lui donnons ce qu'elle demande.

Le 5 octobre, nous partons vers les Testigos (c'est une ile qui dépend du Vénézuela), elle nous a été annoncée comme un autre petit coin de paradis. Les habitués nous ont conseillés, il faut aller voir le chef du village CHONG CHONG, de préférence avec une bouteille de rhum à la main.

Nous sommes près des côtes et la canne chante ... nous montons à bord un énorme poisson (sa viande ressemble à du thon mais sa forme nous fait penser à une grosse carangue).

Arrivés à Isla Aguana (la plus grande ile des Testigos), nous recherchons Chong Chong. Il est dans son hamac et regarde la télé branchée sur une vieille batterie de bateau. Il nous souhaite la bienvenue, accepte avec plaisir notre bouteille de rhum et nous indique où faire les formalités d'entrée. Nous passons au bureau de police, et, pour une fois, c'est très simple ... Nous noms sont marqués sur un registre, c'est gratuit et ... nous sommes les bienvenus (d'autre voiliers viendront sans passer par Chong Chong et n'auront pas l'autorisation de passer plus d'une nuit sur l'ile !!).

Ici, l'argent n'a pas cours ... une langouste contre une boite de petits pois carottes ... une chêvre sauvage contre du riz et des pâtes. Les habitants sont souriants et chaleureux, les plages sont superbes, les eaux sont poissonneuses.

Nous passons 4 jours à nous balader, nager puis nous continuons notre route vers l'ile de Margarita (Porlamar).

Le 9 octobre, changement radical de décor. Porlamar est une grande ville, avec les immeubles, c'est gris !!! A notre arrivée au mouillage, nous sommes conseillés par un couple de Norvégiens (dont la femme parle parfaitement le français). Pour les formalités : 2 solutions. La première, se débrouiller tout seul, pour cela il faut prévoir la journée complète, des aller retours entre les différents services placés loins les uns des autres et même faire un passage par le cabinet d'un médecin. La deuxième (conseillée), trouver Juan à la marina avec 35000 bolivars (350 Francs) par personne, lui donner l'argent et les passeports. Nous trouvons Juan dans l'après midi, le lendemain matin nous récupérons nos passeports accompagnés d'un visa d'un mois.

Nous faisons de nombreuses visites de la ville. Les taxis coutent 1000 bls (1 franc) et les restaurants "chez l'habitant" coûte 15000 bls (15 francs) pour deux. Il faut juste faire attention à rentrer avant la nuit et éviter certains quartiers. La marina est sécurisée, il faut passer une grille gardée par deux géants armés de fusils à pompe pour accéder aux pontons. Il y a des grandes surfaces, les marques de luxe sont représentées ; beaucoup de Vénézueliens aisés viennent en yachts passer le week end sur l'ile.

Nous quitterons pour une nuit la civilisation et retrouver le calme d'un mouillage calme sur l'ile de Coche.

Nous sommes mi octobre, la période cyclonique s'achève, nous allons remonter tranquillement vers la Martinique. Nous nous éloignons des côtes, la canne chante ... ce n'est pas un poisson ... mais un pélican, qui fait ...DU SKI NAUTIQUE. Nous arrêtons le bateau, remontons la ligne doucement et détachons l'oiseau. Trop occupés à ne pas le blesser, nous n'avons pas sorti l'appareil photo ... dommage !!!

Le 19 octobre, nous faisons le chemin inverse ... nouvelle escale aux Testigos (sans oublier la visite à Chong Chong).

Le 20 octobre, nous apercevons une belle plage bordée de cocotiers sur les cotes vénézuelienne, c'est Ansa Medina, pourquoi ne pas y passer la nuit. Il y a déjà deux voiliers battant pavillon américain au mouillage. Un autre voilier arrive, c'est un couple de Suisses avec qui nous avions sympathisé à Trinidad ... Il s'ancre non loin de nous.

Vers 17h, un premier bateau "pays" arrive, puis un autre et, 30 minutes après c'est une centaine de bateaux qui s'installent autour de nous. Certains vont voir les autres voiliers (nous apprendrons par la vhf qu'ils viennent réclamer de la bière), ils ne s'arrêtent pas devant Balancine car Birdy court de l'avant à l'arrière du bateau en aboyant ... La nuit tombe, tout se calme ... même le chien !! Je ne suis pas rassurée, nous avons entendu tant d'histoires sur l'insécurité qui règne au Vénézuela. La nuit est tombée depuis peu, des bruits, des cris, le chien jappe de nouveau. Nous nous levons ... nos deux américains ont décidé de lever le camp (peur de passer la nuit entourés de tous ces bateaux) et comme ils n'y a pas de visibilité, bousculent les barques qui se trouvent sur leur passage. Le calme revient dans la baie. Nous passons une bonne nuit et, dès le lever du jour, les bateaux repartent. C'étaient de simples pêcheurs venus se mettre à l'abri pour la nuit ...

Nous partons, direction Mejillones puis Trinidad, nous croisons nos pêcheurs qui nous font des signes amicaux de la mains.

Le 23 octobre, à Chaguaramas, nous allons prendre nos messages dans un cyber café et nous apprenons qu'un brocker a trouvé un client pour notre bateau. Il faut remonter de toute urgence vers la Martinique.

Après avoir fait des approvisionnements, nous partons le 25 octobre vers la Martinique avec une seule escale à Bequia.

Le 27 octobre, il ne fait pas beau, il y a de fréquents grains et la mer est agitée. Dès que nous quittons l'abri des cotes de Saint Vincent, la mer est forte. Il y a plus de 30 noeuds de vent ... Balancine avance vite ... Une vague plus haute que les autres nous soulève ... Christian pousse un juron ... il ne reste plus que la jupe arrière babord dans l'eau! Le cata reste un bref instant sur sa jupe puis retombe lourdement sur ses flotteurs (nous avons un flash ... et s'il se retourne ...). Nous réduisons les voiles. Lorsque nous arrivons en Martinique, il fait déjà nuit, nous nous arrêtons à Sainte Anne pour passer la nuit.

Le 28 octobre, départ pour une petite navigation d'une heure vers le port du Marin où nous attendent nos acheteurs potentiels. Nous avons la surprise de retrouver des poissons volants sur les trampolines ainsi que dans l'annexe (pourtant en hauteur sur ses bossoirs) ... Hé oui, ça a tapé hier ...

Nous nous installons au port ... nos acheteurs ne prennent pas le bateau.

Lorsque nous allons prendre nos Emails au cyber café, nous lisons un message qui provient de Panama et qui nous fait froid dans le dos : un individu est recherché, c'est un pirate. Il a assassiné les deux retraités qui voyageaient sur le voilier "moussaillon" dont il a changé le nom et qui porte maintenant le nom de INEO pour leur voler leur bateau. Suivent une description de la personne et du bateau.... c'est LE PAPA MIMI ... il n'y a aucun doute, il n'a même pas changé son prénom. C'est bien ce "brave" Joseph qui voulait nous inviter à son bord. Nous allons au bureau des douanes pour signaler sa présence à l'ile de Tobago. L'employé note "poliment" et nous dit qu'il va transmettre notre information à la gendarmerie. Nous laissons notre numéro de portable ... nous ne serons jamais contactés. Nous apprenons qu'au moment où il voulait nous inviter à son bord, il était à la recherche d'un nouveau bateau ; INEO étant identifié !!! (1 an plus tard, nous apprendrons que le pirate Joseph a été arrêté à Panama et extradé en France pour y être jugé et emprisonné).

Voila notre Aventure "vers le sud" s'achève.