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Le 8 novembre, arrivée de nos hôtes, avec un nombre impressionnant de grosses valises rigides. Ensuite, départ pour l'avitaillement. Ils ont des idées très précises : il faut au minimum 2 bouteilles d'eau minérale par jour et par personne. Nous dévalisons le supermarché du Marin et nous passons plusieurs heures à caser avitaillement, bagages et valises. Ils ont aussi une idée très précise de leur programme : nous devrons naviguer la nuit à deux pendant leur sommeil et ils se réveilleront chaque matin sur une île différente. Petite explication de texte : Balancine n'est pas "la croisière s'amuse" ; il est hors de question de faire des approches de nuit sur les mouillages, c'est trop dangereux. Nous devons avoir une bonne visibilité pour choisir les lieux de mouillage (beaucoup de plaisanciers économisent leurs batteries en n'allumant pas le feu de mouillage, de plus nous devons pouvoir repérer les cayes (patates de corail), les lignes et casiers posés par les pêcheurs, souvent signalés par des reliques de bouteilles d'eau minérale, de lessive, etc...). Nos arguments sont convaincants, nous décidons de descendre rapidement vers les Grenadines. Nous quittons le ponton le 9 novembre, direction Sainte Lucie. La météo est bonne, nous avons un peu de vent et navigons toutes voiles dehors. Une des passagères a le mal de mer, elle rend son déjeuner face au vent et .... les coquillettes pré-digérées se retrouvent sur son tee-shirt... elle nous reproche ne pas lui avoir expliqué qu'il fallait "vomir au vent" et non "contre le vent" !! Nous arrivons dans l'après midi sur l'Ile de Sainte Lucie et, après une brêve escale à Castrie (trop de monde, trop industriel) nous arrivons à Marigot Bay. Nous ancrons dans le goulet à l'entrée de la baie. C'est superbe ! Au fond de la baie, nous apercevons plage et cocotiers mais nous ne descendrons pas à terre, nos hôtes veulent arriver le plus rapidement possible dans les Grenadines, pas un jour à consacrer à Sainte Lucie. Le lendemain, départ au lever du jour vers Bequia. Nous avons la visite des dauphins. Il n'y a plus de malade à bord, tout le monde crie, appelle les dauphins, caméras et appareils photos sont de sortie. La navigation a été agréable. Arrivée à Bequia (Port Elisabeth), nous devons faire les formalités d'entrée (la clearence). Cette formalité sera valable pour toutes les iles des Grenadines. Nous descendons à terre, à la recherche du bureau des douanes, puis de l'émigration. Nous remplissons des formulaires, présentons nos papiers, ceux du bateau, payons nos droits d'entrée(en $ East Caraibe). Armés de notre précieux césame, nous retournons au bateau et décidons de faire le tour de l'ile pour y découvrir un mouillage moins fréquenté. Nous trouvons Friendchip Bay, c'est très joli et nous sommes le seul bateau au mouillage. Des pêcheurs viennent nous proposer des langoustes (nous en achetons). Le mouillage est rouleur, certains estomacs n'apprécient pas, nous retournons donc à Port Elisabeth. Sur le trajet, un de nos hôtes décide de tenter la pêche au thon ... premier lancer (en vrai pro !!!) et il prend le leurre dans l'éolienne. Nous nous contenterons des Langoustes !!! Nouveau départ, vers l'ile de Moustique (l'ile des milliardaires). Le mouillage à l'ancre est interdit (pour la protection des fonds), il faut s'amarrer à une bouée (payante si nous restons plus de 5 heures). Nous nous amarrons dans un véritable aquarium. Nos hôtes nous font la liste des célébrités qui ont une maison sur cette ile, c'est vraiment très mignon et très original ; les magasins ressemblent à des maisons de poupée. Encore une fois, l'endroit est trop rouleur pour certains estomacs et nous devons donc quitter la baie pour aller vers Canouan pour la nuit. Nous nous arrêtons à Charlestown Bay à Canouan ... c'est pas terrible, il n'y a aucune possibilité d'approvisionnement mais la baie est calme. Samedi 13 novembre, nous arrivons dans le temple des Grenadines : les Tobago Cayes. C'est vrai, nous sommes dans un paysage de carte postale. Un vrai petit paradis, une eau transparente, des ilets avec de belles plages de sable blanc, bordées de cocotiers. Une barrière de corail nous protège de la houle. Le paysage n'impressionne pas nos hôtes ; à notre grand étonnement, ils sortent la piste et les dés et les parties de Yams vont s'enchainer toute la journée. Pour Christian et moi, le programme est très différent : plage, plongée... une vraie journée de vacances. Nous quittons notre petit paradis pour rejoindre Clifton (sur l'ile de Union) car nous manquons déja de provisions. Il y a beaucoup de bateaux dans la baie, il faut éviter des récifs qui sont à 1 mêtre sous l'eau (mais on les voit bien) et réussir à faire accrocher l'ancre. Malgré nos précautions, nous devrons refaire notre mouillage dans la nuit car Balancine a dérapé d'une dizaine de mètres. Nous passons la journée de dimanche à Salt Whistle Bay sur l'ile de Mayereau, il y a une magnifique plage bordée de cocotiers et il y a suffisamment de fond pour qu'on puisse approcher le bateau à quelques mètres de la plage. Après une nouvelle halte à Bequia, nous partons à la rencontre de Petit Saint Vincent (l'ile la plus au sud des grenadines). Nous avons lu que cette ile est entièrement occupée par un hôtel dons le propriétaire met les installations de plage à disposition des plaisanciers de passage. Avant d'arriver à Petit Saint Vincent, nous devons passer entre deux bancs de sable qui sont à fleur d'eau : Morpion et Punaise. Morpion est facile à localiser car quelqu'un a eu l'idée géniale de planter un parasol en bois dessus. Punaise ne se voit pas, il faut passer près de Morpion !!! Le bateau est maintenant devant la plage de Petit St Vincent. Il y a, en effet, des tables de pique nique, des barbecues et même des hamacs .... et personne sur la plage. C'est décidé, on remplit la glacière (fabrication de piña colada à bord) et on file à terre. C'est vraiment génial !!!??? nous déchantons vite .... des milions de moustiques invisibles (les yein yein) s'attaquent à nos chevilles et nous sommes obligés de nous réfugier dans l'eau pour calmer le feu de leurs piqures. Retour rapide à bord (où il ne nous suivent pas) et fin de l'apéro dans le cockpit.Nous passons une très bonne nuit sans moustique. Le lendemain, le temps à changé, il fait gris, la mer est houleuse, il y a même des déferlantes sur Morpion et Punaise. Nous retournons vers Union mais la houle entre dans la baie ; nous décidons que nous passerons la nuit aux Tobagos Cayes car la barrière de corail nous protègera. Le 18 novembre, nous retournons vers Union pour faire la clareance de sortie avant d'entamer doucement le retour vers la Martinique. Une information de taille nous attend à notre descente à terre, la tempête tropicale LENNY est devenue cyclone de classe 3. Elle est à notre nord mais fait une route Est (en général, les cyclones font une route Nord-Ouest) et elle lève cette houle inhabituelle. Sa route insolite inquiète tout le monde sur le port. La décision de nos hôtes ne se fait pas attendre, ils foncent à l'aéroport, réservent 4 places dans le prochain avion pour la Martinique, remontent à bord pour prendre un minimum d'affaires et nous chargent de remonter le bateau et leurs valises le plus rapidement possible... Nous voila tous les deux, nous écoutons les différentes informations données par les autres plaisanciers en VHF. Les optimistes et les pessimistes s'affrontent. Nous décidons de partir quand même le lendemain au lever du jour et ... nous aviserons !!! Nous ne sommes pas tranquilles, nous n'avons pas l'expérience. Le 19 novembre : la météo annonce un vent de sud de 8 noeuds et une houle de 2 m : c'est très rassurant et nous nous amusons du départ précipité de nos convives. Au cours de notre navigation nous voyons beaucoup d'objets flottants (surtout des cocotiers), nous cherchons une marque de danger isolé que nous avions repéré à l'aller, elle a disparu .... Bizarre. Nous continuons notre remontée qui est agréable, le vent est bon. A la sortie de l'abri de l'ile de Saint Vincent, la mer est hachée, le vent est monté. La houle s'amplifie. Des déferlantes s'acharnent sur les petits abris sympa que nous avions repérés à notre descente vers les Grenadines. Le mouillage, au sud de Sainte Lucie, où nous avions prévu de faire escale est impraticable. Il est 17h, la nuit va bientôt tomber, il ne faut pas trainer si nous voulons arriver à Marigot Bay avant la nuit. Quand nous arrivons à Marigot Bay, il fait déja nuit. C'est une nuit sans lune et ... étrange ... il n'y a aucune lumière dans la ville. Nous ne pouvons pas prendre le risque de nous aventurer au fond de la baie (sur notre guide, nous avons vu qu'il faut faire un "S" pour éviter des hauts fonds et nous ne les verrons pas). Nous prenons la décision de mettre notre ancre près de la berge, entre les deux falaises, près d'un petit ponton en bois. Nous sommes fatigués, à 21h nous sommes déjà couchés. Mais la nuit sera de courte durée !!! Vers 23h, la houle tourne et entre directement dans le goulet. Notre ancre lâche ... Christian démarre les moteurs et avance le bateau pour l'empêcher d'aller se jeter sur le ponton. Nous avancçons vers le milieu du goulet, lâchons notre ancre, puis une deuxième (en sécurité) ... le bateau s'immobilise enfin ... pour quelques minutes ... les deux ancres dérapent de nouveau. Christian décide de tenir le bateau entre les deux falaises en utilisant les moteurs jusqu'à ce que nous ayons assez de visibilité pour passer ce fameux S et entrer dans la baie (c'est une mangrove annoncée comme un endroit protégé des cyclones). Une nuit d'horreur commence... Le bateau monte et descend, nous ne voyons rien ... juste les vagues qui commencent à détruire le petit ponton de bois dont les lattes volent ... Vers 2H, Christian, épuisé, me demande de le reprendre aux commandes. J'ai l'impression que le bateau ne m'obéit pas et qu'il se dirige vers les restes du ponton. Je suis terrorisée ... tétanisée ... Christian me crie d'accélérer à fond pour être maître de certaines embardées. Nous entendons parfois un choc sourd, je pense que c'est le capot insonorisant du groupe électrogène, resté sur un des trampolines... Christian le range ... les chocs continuent ... je lis 6 mètres au sondeur ... la seule solution : nous sommes dans des creux de 6 mètres et le bateau touche règulièrement le fond !!! Aux premières lueurs du jour, nous fonçons dans la baie et là ... miracle ... c'est calme. Nous mettons l'ancre ... douche ... dodo !!! Après une grasse matinée bien méritée, passage aux douane pour une clearence entrée/sortie. Le Douanier nous fait un visa d'office pour trois jours car la baie est impraticable. Petite curiosité, nous allons à pied voir l'état de la baie ... une barre de déferlantes en bloque le passage, sur les plages il y a des bateaux "pays" éventrés, une piscine en bord de mer est remplie de sable ... nous essayons de repérer le petit ponton auprès duquel nous avons passé la nuit : il a beaucoup souffert. Nous avons passé la nuit la dedans !!!!!! Heureusement que nos convives étaient partis !!! Nous passons une journée agréable à nous balader dans cette petite station balnéaire (il y a même un petit funiculaire automatique et gratuit - on l'appelle comme un ascenceur) et, au vu de l'état de la baie, décidons d'aller retrouver au plus vite nos convives en Martinique. Le 21 novembre : départ vers la Martinique. Le passage de la baie est assez musclé, nous demandons un petit effort aux moteurs de Balancine le temps de passer la barre. Ensuite, la mer est assez agitée, nous prenons quelques belles douches d'eau de mer, mais nous arrivons sans encombre dans la baie du Marin en Martinique. Nous appelons nos déserteurs, ils ont décidé de passer le reste de leur séjour dans le confort de leur hôtel (leur petite balade en avion a été très agitée car les vents étaient comme la mer : démontés ... et ils n'ont plus envie d'aventure ...). Ils font un dernier passage à bord pour reprendre leurs effets, un dernier apéro et chacun reprend sa route. La météo est redevenue normale ... pour nous, c'est le grand nettoyage et dessalage du bateau. |