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 De Royan vers la Corse 

 

 

Le 3 août, le bateau est réparé. Nous ne resterons pas un jour de plus à Royan … départ le 4 au matin. Nous demandons la météo par radio … le vent est annoncé Nord Est … c’est super, il va nous pousser. Le golfe de Gascogne n’a pas bonne réputation, nous sommes contents de pouvoir passer dans des bonnes conditions.

Départ le 4 Août à 8 h. Nous avons un bon vent, le bateau avance bien … pendant 2 heures, puis le vent tourne Sud Ouest. Nous réduisons la voile pour la nuit (un ris). Le vent monte, la mer se lève, je suis malade. C’est une véritable tempête que nous traversons (bravo la météo !) La mer est forte, il y a des vagues déferlantes, il est impossible à Christian d’aller au pied de mât pour réduire encore la voile. Nous naviguons dans ces conditions jusqu’au 8  aout au soir. La crête des vagues se détache et « vole » à l’horizontal. C’est la première fois que j’ai peur. Le golfe de Gascogne est fidèle à sa réputation !!! Nous faisons tourner le moteur pour aider le bateau mais la mer et le vent sont contre nous et nous n’avançons qu’à 1,5 Nœud.

Le 8 Aout au soir, enfin, le vent se calme, la mer devient meilleure. Nous passons la Corogne (exit le golfe de Gascogne !!!) et nous descendons, vent portant, jusqu’à Muros (Espagne) où il y a un port de pêche. Nous faisons un arrêt au ponton pour prendre du Gas oil, nous n’avons pas le temps de mettre les amarres que Birdy saute du bateau et s’enfuit en courrant comme un fou sous le regard amusé des passants. Il revient quelques minutes après … saute sur le bateau. Il a les oreilles baissées : « bon, j’ai fait une bêtise, mais j’avais trop besoin de me défouler ». 

Les pleins faits, nous mouillons dans la baie, il faut prendre un nouveau réflexe : tenir compte des marées. C’est fini, les mouillages dans 3 mètre de fond que nous faisions aux Antilles. A Muros, il y a quatre mètre de marnage.

Nous quittons la baie le lendemain matin, direction Nazaré avec une escale à Peniche. Le vent nous a abandonné et la plus grande partie de la navigation se fait au moteur. Nous avons la visite des dauphins qui jouent pendant plus d'un quart d'heure dans l'étrave de Julies : Birdy va avoir une extinction de voix !!!

Nous arrivons le 12 Aout à Nazare (Portugal) et prenons une place au port. Les formalités de douane sont gratuites et nous recevons un bon accueil. Les employés du port sont aussi très accueillants. Nous consacrons la journée du lendemain à la visite de ville. Il y a une grande plage où se côtoient baigneurs et … séchoirs à poissons (ce sont des harengs)!!! Pour la vue, c’est amusant, pour l’odorat, c’est limite ! A notre retour au bateau, le capitaine du port nous dispute gentiment, notre PAUVRE chien, laissé à bord, a pleuré quand nous sommes partis … nous aurions du le laisser en liberté dans la marina !!

Nous faisons ensuite une escale à Cascais (le spectacle de la nuit est superbe) avant d’aller à Villamoura. Il y a une marina, mais ses tarifs sont bien au dessus de nos moyens. Nous mettons l’ancre dans la baie. Petite intrusion en piéton à la marina : il y a de grosses voitures stationnées devant des yachts, des boutiques de luxe. Nous visitons le yacht club … la classe … ambiance feutrée … il y a même des ordinateurs avec accès gratuit à internet. Nous en profitons pour prendre nos Emails.

Le 18 Août, nous quittons Villamoura, direction le détroit Gilbraltar … la méditerranée. Nous n’avons pas de vent et sommes contraints d’avancer au moteur. Des amis nous ont conseillé de descendre jusqu’à Ceuta. C’est une enclave espagnole sur les côtes Marocaines, les formalités y sont plus simples qu’à Gibraltar et surtout, ils acceptent les chiens (contrairement aux Anglais de Gibraltar). Nous passons le rail des cargos (celui ci est très impressionnant car vraiment très fréquenté), nous longeons les côtes marocaines et accostons au ponton gas oil du port de Ceuta. Une petite marche arrière pour coller le bateau au ponton et …. Vibration, bruit  … il y a quelque chose dans l’hélice. Christian plonge et remonte un énorme paquet de cordage. Nous avons trop de tirant d’eau pour nous engager dans le port de plaisance, nous sommes donc chaleureusement accueillis sur le ponton de la Police. Pas de formalité … le chien fait ami ami avec les policiers, il peut gambader à sa guise sur le quai. Ceuta est un port franc, il y a beaucoup de commerces hors taxes, de très beau parcs et une plage très agréable. Nous y passons deux nuits.

Le 20, départ de Ceuta, direction Almeria, le détroit est remuant . Nous traversons, pour la seconde fois, le rail des cargos, J’imagine traverser une autoroute à pied … impressionnant. Nous remontons à bord notre premier poisson méditerranéen : un très gros thon. Escale d’une nuit à Almeria, premier coucher de soleil méditerranéen, puis nous remontons vers Torrevieja. Nous nous sommes rapprochés des côtes car nous voulons faire un peu de tourisme. La côte est envahie d’immeubles très hauts. Nous mettons notre ancre dans l’avant port de Torrevieja. C’est très calme, très bien protégé de la houle. Demain, nous visiterons la ville. Nous allons à la marina, nous la trouvons très agréable, nous prenons des renseignements pour passer l’hiver (on ne sait jamais) : le port est plein actuellement, il faut appeler régulièrement pour savoir si une place s’est libérée.

Le 24 Août, nous reprenons la mer en direction de Javea, nous partons en même temps que les marins pêcheurs. A 15h50, nous passons le méridien de greenwich (notre longitude sera  dorénavant « EST »). La marina de Javea est privée, il y n’a pas de place « visiteur » … tant pis, nous mouillons dans une baie proche du port. Nous passons une nuit tranquille, nous sommes les seuls dans la baie. Dès le matin, nous sommes réveillés par l’arrivée de petits bateaux moteurs. Ce sont des espagnols qui viennent passer la journée dans la baie. C’est une joyeuse pagaille, il y a des rires, des plongeons. Ca n'empêche pas Christian et Birdy de faire leur "réflexion quotidienne". Vers 18h, nous avons la visite de Carmen et ses copains, ils aimeraient visiter le bateau, il montent armés de bouteilles … pour l’apéro. La conversation en « espagno francais » est amusante. Vers 20h … tous les bateaux repartent  … la baie retrouve son calme.

Le 26 aout, nous prenons la direction des baléares, nous remontons une daurade coryphène. Nous faisons une première étape à Ibiza, baie San Miguel, au nord de l’ile. Nous nous émerveillons devant le spectacle du coucher de soleil. Nous repartons ensuite vers Cabrera (nous avons lu que cet ilot est une réserve naturelle). Nous arrivons à la tombée de la nuit, des bateaux sont sur des bouées … nous en repérons une de libre, nous nous y amarrons. Un bateau arrive, cette bouée est réservée, il ne reste plus de place de libre et il est interdit de mettre son ancre … nous devons partir. Il fait maintenant nuit, nous devrons donc passer une nuit en mer avant d’arriver à Mahon (Minorque). Un grand voilier allemand s'apprète à nous doubler dans le chenal d'accès, il stoppe soudain pour se replacer derrière nous ... il a été impressionné par la taille du bateau qui arrive en face !!!Nous ancrons dans la baie de Mahon (l’ancrage est payant). Un petit apéro à trois pour fêter l'arrivée à Mahon. Nous devons attendre que l’avis de coup de vent sur la Corse soit levé avant de repartir.

Le 31 Aout, au petit matin, il fait encore nuit, Birdy sort … nous entendons le bruit de ses pattes sur notre cabine … il paraît énervé. Je vais voir … le vent monte soudainement. Le temps d’appeler Christian et il siffle déjà dans les haubans, le bateau tire dangereusement sur la ligne de mouillage. Christian démarre le moteur , l’embraye pour soulager l’ancre. La pluie se met à tomber, drue, cinglante, je donne un masque de plongée à Christian pour qu’il puisse garder les yeux ouverts. Nous voyons un voilier, proche de nous, décrocher, déraper, il n’y a personne sur le pont (ils dorment encore … ils n’ont pas de Birdy pour signaler tout phénomène anormal !!). Le bateau est arrêté par notre chaîne de mouillage. Ses occupants surgissent sur leur pont, c’est la panique à bord … ils démarrent le moteur et s’éloignent de nous. Le jour se lève et le coup de vent se calme comme il avait commencé : soudainement. Il y a un voilier qui a tapé contre un ponton, aucun bateau n’a gardé sa place, des ancres se sont emmêlées … il y a des éclats de voix … quel réveil !!! L’appui du moteur a permis à notre ancre de tenir le bateau… Merci Birdy !

Nous venons d’apprécier notre premier « coup de vent » méditerranéen.

Le 2 septembre, l’avis de coup de vent sur la Corse est levé, Nous quittons Mahon. C’est une navigation au moteur, la météo avait annoncé vent faible sur le bassin méditerranées, et ne s’était pas trompée.  Nous apercevons la Corse au matin du 4 septembre. Nous sommes à 6 miles des côtes, au large de Calvi. Nous ne voyons aucune construction, des montagnes, c’est superbe !

A 11H nous entrons dans la baie d’Ile Rousse, nous laissons passer un NGV, puis nous tentons de prendre la bouée que nous avons réservée (hé oui, maintenant, on réserve !!) Impossible, le cordage est trop court. Appel radio à la capitainerie. La réponse est amusante : « venez au ponton extérieur, amarrez le bateau, allez déjeuner et … quand vous reviendrez, le nécessaire sera fait ». A 15h, Julies est sur la bouée qui a été réaménagée pour nous (une deuxième amarre a même été installée car le bateau est lourd et un autre fort coup de vent est annoncé pour le lendemain).

Nous avons trouvé l’accueil très chaleureux à l’Ile Rousse (surtout après l’aventure de Royan). Le bateau a trop de tirant d’eau pour rentrer dans le port, le Capitaine nous prévient qu’il serait dangereux de passer l’hiver sur la bouée. Il y a de forts coups de vent de Nord Est qui nous mettraient en danger. Nous trouvons une place au Port de Sant Ambroggio. Nous pouvons y passer l’hiver sans problème (et sans réservation !) Nous essuyons, le 11 novembre, un de ces fameux coups de vent annoncés … Impressionnant ! nous passons trois jours à l’intérieur du bateau, les vagues passent par dessus le muret qui nous sépare de la mer et retombent bruyamment sur la cabine arrière de Julies. Le ciel redevenu bleu, nous en profitons pour "hiverner" le bateau : rinçage et sèchage des voiles avant de les ranger dans les coffres.

Nous profitons de cette longue étape pour visiter la Corse, l’Ile est superbe.

Nous mangeons sur le pont, en tee shirt, le jour de noel ; face à nous il y a le bleu de la mer et du ciel et les sommets enneigés des montagnes : c’est magique.

Nous avons visité beaucoup d’iles … beaucoup étaient belles, nous nous sommes souvent posé la question d’y poser nos valises. Chaque fois, il y avait un « mais »… (passage de cyclones, barrage de la langue, équipements médicaux ou insécurité). En Corse, pas de « mais » … Ca fait plusieurs années que nous sommes SDF (Sur Domicile Flottant), il est temps pour nous d’avoir une adresse !!! Nous vivons sur le bateau le temps de la construction de notre maison.

Le voyage « nautique » s’arrête là. Nous mettons Julies en vente.

Aujourd’hui, nous avons acheté un camping car pour continuer nos voyages (le virus est toujours présent) et un semi rigide (qui s'appelle Julies) pour faire des parties de pêche ou aller sur les plages du désert des Agriates où nous ne sommes pas loin des paysages des Antilles...